Une double tutelle toujours aussi menaçante pour les lycées professionnels

Une double tutelle toujours aussi menaçante pour les lycées professionnels

En instituant un haut-commissaire à l’enseignement et à la formation professionnels, le gouvernement s’entête à maintenir les lycées pros sous double tutelle Travail/Éducation nationale. Les mêmes causes auront les mêmes effets : le sabotage des  lycées professionnels risque de s’accroître avec la réforme qui va se déployer à marche forcée, malgré l’opposition massive des personnels et les désaveux successifs que subissent en instances les textes de la réforme. Le SNUEP-FSU dénonce la double tutelle qui réaffirme l’objectif gouvernemental de transformer le lycée pro sur le modèle de l’apprentissage.

L’expérience de double tutelle précédente avec une ministre déléguée a abouti à des mesures qui vont aggraver considérablement le fonctionnement des lycées professionnels et dégrader aussi les conditions de travail des personnels. Le dialogue social a été de surcroît entièrement piétiné avec cette ministre.

La nomination de G. de Vitry, directeur de cabinet d’O. Dussopt alors ministre du Travail, renforce nos craintes quant à l’avenir de la voie professionnelle scolaire. Ce d’autant plus qu’il a la charge de coordonner les travaux relatifs à l’enseignement professionnel et d’en assurer le suivi de la mise en œuvre.

Si l’objectif de supprimer 15 à 25 % des filières non insérantes est confirmé, un véritable plan social pour les personnels concernés risque fort d’être mis en œuvre sans moyen. À l’heure du retour de l’austérité budgétaire, le risque est réel que les lycées pros paient le prix fort des coupes budgétaires alors que les moyens évalués à 20 milliards d’euros par an pour l’apprentissage ne sont aucunement remis en cause.

Ce n’est pas l’intérêt des élèves qui guide la réforme des lycées professionnels et l’institution d’un haut-commissaire mais l’intérêt des entreprises à la recherche d’une main d’œuvre peu coûteuse voire gratuite. L’augmentation des stages est une mesure uniquement au service des entreprises qui justifie en partie la nomination d’un haut fonctionnaire du ministère du Travail.

Le SNUEP-FSU continue son action sans relâche pour maintenir l’enseignement professionnel à l’Éducation nationale et pour un vaste plan de financement afin d’améliorer les conditions de travail des professeur·es de lycée professionnel et de garantir des enseignements ambitieux pour permettre aux élèves d’accéder à une première qualification par un diplôme et des poursuites d’études réussies.

 

Apprentissage : des chiffres en trompe l’œil par Christian Sauce

Christian Sauce, enseignant en lycée professionnel pendant plus de trente ans, se voit comme un « lanceur d’alerte ». Depuis plusieurs années, il sensibilise les enseignants sur ce qui se joue dans l’enseignement professionnel et l’apprentissage. Aujourd’hui, il livre aux lecteurs et lectrices du Café pédagogique son analyse sur les deux dernières publications de la Direction de l’Évaluation, de la Prospective et de la Performance (DEEP) sur les taux d’insertion des lycéens professionnels et des apprentis, de niveau CAP au BTS, 6 mois après leur sortie d’études en 2022.

 

Une image contenant personne, Visage humain, habits, plein air Description générée automatiquementDevenir des lycéens professionnels

Les lycéens sont fort nombreux à poursuivre leurs études, particulièrement en Bac Pro (56 %). Ce chiffre est à retenir pour voir l’influence qu’auront les gratifications des stages en terminale Bac Pro ! Cela pourrait détourner des études plus longues un certain nombre de lycéens professionnels. Or, plus le diplôme obtenu est élevé, plus l’insertion professionnelle est forte : 17 points entre les titulaires d’un Bac Pro et les diplômés BTS ! Ne serait-on pas en train de sacrifier un certain nombre de nos adolescents et jeunes adultes sur l’autel de l’employabilité et de la rentabilité immédiates.

52 % des lycéens professionnels poursuivent leurs études, soit 14 % de plus que les apprentis. Les conclusions sur leur insertion professionnelle doivent en tenir compte : seuls un quart des sortants de LP ne sont donc ni en études ni en emploi 6 mois après leur sortie du système scolaire !

 

Une insertion professionnelle des apprentis en trompe l’œil !

Les résultats bruts montrent une meilleure insertion professionnelle des apprentis par rapport aux lycéens professionnels : + 19 %. Mais en réalité, l’insertion professionnelle des apprentis est très proche de celle des élèves de lycées professionnels puisqu’il faut la calculer sur les 62 % de sortants ! 20 % des apprentis ne sont ni en études ni en emploi 6 mois après leur sortie du système scolaire. L’écart est donc beaucoup moins significatif !

Par ailleurs, il ne faut surtout pas oublier que cette insertion est calculée 6 mois après la fin des études et l’obtention du diplôme. Or, nombreux sont les apprentis qui ne vont pas au bout du cursus de formation, soit par démission soit par licenciement. L’organisme régulateur de l’apprentissage, France compétences, est très clair à ce sujet : “Les données disponibles font état de plus de 31 % des contrats d’apprentissage interrompus avant leur terme. Ce taux de rupture élevé n’implique pas nécessairement l’abandon d’études: à un horizon de six mois après une rupture de contrat, 21 % des jeunes avaient retrouvé un nouveau contrat.” En résumé, 25 % des entrants en apprentissage ne terminent jamais leur formation par apprentissage, soit la bagatelle de 250.000 jeunes ! Il apparaît évident que l’insertion professionnelle soit (un peu) plus aisée pour les apprentis qui ont survécu à ce tri que pour les lycéens professionnels!

L’insertion des lycéens professionnels est très loin de ce que ne cesse de nous montrer ceux qui veulent à tout prix remplacer l’enseignement professionnel sous statut scolaire par l’apprentissage patronal. D’autant plus qu’il serait intéressant de voir les résultats de cet enseignement professionnel s’il bénéficiait des 20 milliards d’argent public de l’apprentissage (moins de 5 milliards en 2022 pour les LP). Les bénéfices d’une formation ne se calcule pas après 6 mois mais sur la durée d’une vie !

 

Christian Sauce

Communiqué intersyndical Voie pro suite au CSE du 14 décembre 2023


Voeu intersyndical sur la voie professionnelle – CSAMEN du 6 décembre 2023

 

Nos organisations syndicales FSU, SE UNSA, FO, SGEN-CFDT, CGT Educ’Action, SNALC, SUD Education, réunies en CSL ce mercredi 29 novembre ont dénoncé d’une seule voix et avec force le texte relatif aux grilles horaires du cursus bac pro.

Ce texte révèle pour les élèves des pertes d’heures qui ne sont pas compensées réglementairement. Les bouleversements majeurs envisagés auront aussi un impact lourd sur les conditions de travail de l’ensemble des personnels exerçants en lycées professionnels. Des questions centrales pour organiser la rentrée 2024 ont été posées et sont restées sans réponse. De surcroît, les textes concernant les modalités d’organisation et d’évaluation de l’oral de projet comme celui concernant les parcours diversifiés ne sont pas connus.

Face à cette précipitation et à l’absence de modalités claires de mise en oeuvre que représentent l’ensemble de ce projet, l’intersyndicale unitaire des lycées pros FSU, UNSA, FO, SGEN-CFDT, CGT Educ’Action, SNALC, Sud Education s’adresse solennellement à M. Le Ministre Gabriel Attal afin qu’il renonce à présenter ce projet au CSE du 14 décembre, et qu’il engage de véritables concertations au sein du ministère de l’Education nationale sur la base d’un diagnostic rigoureux à partager sur l’état de l’enseignement professionnel tant pour les élèves que pour les conditions de travail des personnels avant toute réforme

Stage de formation syndicale ouverte à tous le 19/12 : pacte et réforme LP

STAGE SYNDICAL DEPARTEMENTAL

ouvert à Toutes et Tous, syndiqué.e.s ou non

PACTE ET REFORME DU LYCEE PROFESSIONNEL

Point sur les nouvelles mesures annoncées pour l’année prochaine

Lycée Marcel Dassault 3 Rue Châteaubriand Bp 30310, 33695 Mérignac

Mardi 19 décembre

 

Tous les fonctionnaires et agents non titulaires de l’Etat ont droit à un congé maximum de 12 jours par année scolaire pour formation syndicale avec versement intégral du salaire (textes de références : les lois n° 82-997 du 23.11.82 et n° 84-16 du 11.1.84, titre II -statut de la Fonction Publique et décret n° 84-474 du 15.6.84).

Elle doit être déposée par chaque collègue candidat au stage auprès du supérieur hiérarchique (chef d’établissement) un mois avant la date de début du stage soit au plus tard le 19 novembre 23.

  • L’autorisation n’est pas délivrée par  le supérieur hiérarchique mais l’autorité administrative compétente donc pour nous Madame la Rectrice.
  • Une non-réponse dans un délai de 15 jours précédant le début du stage équivaut à autorisation accordée (le refus, très rare, doit être explicitement motivé et entraîne examen par la réunion suivante de la CAPA compétente).

 Les collègues désireux de participer au stage doivent nous le signaler au plus vite en s’inscrivant sur le lien suivant : https://framadate.org/ePldBAeMCklz93AQ ou en nous adressant un courriel à : snuepaquitaine@gmail.com

 

 

Madame ou Monsieur PLP

A Madame la Rectrice S/c de

LP, EREA, SEGPA, SEP

 

Date:

 

 

Madame la Rectrice,

Conformément aux dispositions de la Loi n° 84/16 du 10/01/1984 (article 34, alinéa 7) portant statut général des fonctionnaires, définissant l’attribution des congés pour formation syndicale avec maintien intégral du salaire, j’ai l’honneur de solliciter un congé :

Pour  le Mardi 19 Décembre qui se déroulera :

Au Lycée Marcel Dassault 3 Rue Châteaubriand Bp 30310, 33695 Mérignac Afin de participer à un stage de formation syndicale.

Il est organisé sous l’égide du Centre National de Formation Syndicale de la FSU, organisme agréé figurant sur la liste des centres dont les stages ou sessions ouvrent droit aux congés pour formation syndicale (arrêté du 29/12/1999 publié au J. O. du 6/01/2000).

Je vous prie d’agréer, Madame la Rectrice, l’expression de mes salutations respectueuses.

Stage MUTATION, carrière et rémunération Jeudi 23 Novembre

Apres des vacances de Toussaint bien méritées, ce sera le moment de se tourner vers les mutations inter académiques pour choisir une académie pour l’année prochaine!
Dès le 8 Novembre, le serveur ouvrira jusqu’à la fin du mois.
Nous tiendrons, comme chaque fin de semaine, des permanences à l’INSPE les jeudis et vendredis pour vous aider à vous guider dans ces choix et votre stratégie personnelle.
Soyez attentif aux planning de l’INSPE nous y afficherons les salles pour vous y retrouver.
Mais en plus, comme chaque année, nous organiserons le JEUDI 23 NOVEMBRE une grande journée de stage pour continuer à parler des mutations, mais aussi de votre début d’année et faire un point sur votre reclassement et la rémunération qui va avec.
Ce stage est ouvert à toutes et tous (mi-temps et temps plein) .
Il est de droit pour vous en tant que stagiaire, il suffit d’envoyer le modèle de lettre, par mail à l’INSPE si vous êtes sur un mi-temps, ou à votre chef d’établissement si vous êtes  à plein temps.
La demande doit être faite jusqu’au 23 Octobre (1 mois avant), si vous avez cours.
Une grande partie des formateurs de l’INSPE sont déjà au courant de cette date.
Vous trouverez le programme sur la brochure jointe ici :  Brochure stage mut2023
Nous y parlerons librement de votre année de stagiaires si spécifique (reclassement, expérience de formation, titularisation, mais aussi mutation inter académique…)
N’hésitez pas à vous inscrire par retour de mail : snuepaquitaine@gmail.com
Dans l’attente de vous retrouver sur nos permanences les jeudis et vendredis de 12h à 14h à l’INSPE et sur ce stage de formation.
Nous restons à votre écoute pour toutes sortes de questions.

N’hésitez pas à partager ce message avec les collègues de votre discipline. L’année de stagiaire est intense et complexe, alors nous sommes là pour vous aider.

Cordialement,
Jérôme
Responsable stagiaires.
Pour le SNUEP FSU Académie de Bordeaux.      

Groupe de travail carte des formations : ouvertures et fermetures des formations

Quel dialogue social ?
Constat partagé par les organisations syndicales (OS) qu’il y a de nombreuses modifications de la carte et que des échanges plus tôt auraient été bénéfiques.
Pour l’administration, les collègues, dans les établissements, sont associé·es aux mesures ! Elle admet que d’une situation à l’autre, les motifs qui conduisent à fermer ne sont pas transposables. Elle reconnaît que des formations qui fonctionnent bien peuvent être fermées pour des logiques de stratégie territoriale.

La FSU demande si la logique consumériste des formations professionnelles en faveur des entreprises sera assumée. Il y a une forme de vice à laisser entendre que ce sont les établissements
qui choisissent.

A la question de la FSU sur la mise en œuvre de la méthode associant Région, Académie et souspréfet, Mme Colly, SRA-FPICA répond que la méthode est en cours d’évolution pour une mise en
œuvre sur la carte 2025.
FSU : sentiment que quand l’administration se déplace dans un établissement, ça signifie que la fermeture est déjà actée.
FSU : Les collègues ne comprennent pas le sens de ces fermetures. L’administration devrait assumer que c’est un plan social à l’échelle nationale.

Ouvertures et fermetures des formations :
LPO Kastler – Talence : Ouverture du bac photonique (15 places). Création de référentiel R23. Le BTS photonique est déjà dans ce lycée.
LP Beau de Rochas – Bordeaux : Fermeture bac pro commerce option B et ouverture BTS Maintenance de véhicules option véhicules transport routier (10 places). Pour l’administration, c’est un
lycée des métiers de l’automobile donc fermeture du bac pro commerce !
FSU : une nouvelle rencontre est-elle prévue pour discuter de la cohérence ? Il y a 2 postes menacés. Le Secrétaire général précise qu’il y aura un accompagnement RH !
FSU : les arguments pour un maintien de ce bac pro ont déjà été donnés quand l’administration est allée dans le lycée : prendre en compte la coloration auto de ce bac commerce pour le maintenir.
Continuer à parler RH c’est signifier que les choses sont actées ce qui pose la question de l’intérêt de notre présence. La confiance des collègues dans le dialogue social, la crédibilité du rôle des OS
sont mises à mal.

LPO Gascogne – Talence : Ouverture du bac pro Boulanger pâtissier (24 places).
LP La Morlette – Cenon : Fermeture de MC Coiffure coupe couleur et ouverture de BTS Métiers de la coiffure (14 places)
LP Charles Péguy – Eysines : Ouverture de MC Production et réparation de produits électroniques
LP Gisèle Halimi – Bazas : Fermeture ½ division Bac pro Métiers du commerce et de la vente option A et ouverture ½ division bac pro Métiers du commerce et de la vente option B
LP Jehan Dupérier – St Médard en Jalles : Fermeture de la ½ bac Métiers de l’accueil ; Fermeture de la ½ division du bac pro Agora etouverture de la 2ème option du bac pro aéronautique (12 places)
Des enseignants d’un lycée pro de Saint Médard-en-Jalles manifestent leur colère dans le journal Sud-Ouest

LP Les Chartrons – Bordeaux ouverture MC vendeur en produits techniques pour l’habitat.
EREA Pessac : Fermeture du CAP ATMFC rénové en CAP Agent d’accompagnement au grand âge et ouverture du CAP Production et service en restaurations.
LP Ambroize Croizat – Tarnos : Ouverture FCIL pour préparer aux concours police, gendarmerie, pompier et Fermeture. Une telle formation se fait entièrement en HSE.
LP Jacques de Romas – Nérac : Fermeture de la MC Accueil Réception et ouverture du CAP AGA
LP Ramiro Arrué – St Jean de Luz : Ouverture du CAP Maroquinerie
LP Aizpurdi – Hendaye : Fermeture de la MC Coiffure coupe couleur.
LPO Biarritz Atlantique – Biarritz : Fermeture de la MC Art de la cuisine allégée, Ouverture de la MC Pâtisserie glacerie chocolaterie confiserie spécialisée et réduction de la capacité d’accueil BTS MHR.
LP Pierre et Marie Curie – Mourenx : Ouverture d’une FCIL. Préparation aux concours police nationale, gendarmerie, pompiers.